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Vincent Fabre : « Embarquer tout le monde dans la transition digitale. »

Vincent Fabre, membre de la #taskforce Smart Polynesia

Avec Smart Polynesia, la Polynésie française s’est engagée dans la structuration de sa transition digitale en favorisant la concertation public/privé. « Il est absolument vital, pour la Polynésie, de parvenir à embarquer tout le monde dans la transition digitale, en premier lieu les entreprises, bien sûr, mais aussi les particuliers. » Interview de Vincent Fabre, Président d’OPEN Polynésie, membre de la Task Force.

En votre qualité de président d’OPEN, vous avez contribué à l’élaboration du plan d’actions Smart Polynesia. Que pensez-vous de cette construction collaborative public/privé de la feuille de route numérique pour le Pays ?

« C’est une collaboration que l’on appelait de nos vœux donc, nous sommes ravis, au niveau d’OPEN, de cette collaboration. Je suis convaincu que la concertation est le meilleur moyen de faire avancer les sujets, en général, et la thématique du numérique, en particulier. Cette démarche collaborative permet de faire converger les approches des entreprises privées et celles des instances publiques. »

En tant que membre de la Task Force, quelles ont été les priorités à développer dans ce plan d’action ?

« Une des priorités a été d’avoir une vision la plus complète et la plus exhaustive possible. C’est ce que le comité de pilotage s’est attaché à faire. Je pense que c’est ce que nous avons réussi puisque le plan Smart Polynesia recouvre, effectivement, tous les enjeux, de la structuration de la démarche, avec notamment la problématique de la gouvernance et de l’organisation, jusqu’à la dynamisation de l’écosystème, en passant par les infrastructures. Le tout dans une la volonté de collaboration proactive et d’adaptation aux enjeux et besoins spécifiques de la Polynésie française. »

« Aujourd’hui, nous sommes dans une logique de renforcement de la Task Force par l’intégration d’autres contributeurs, dans un esprit de participation la plus large possible. C’est extrêmement important car il faut avoir conscience que personne ne détient la vérité et que, donc, plus nous partageons, plus nous avons de possibilités de couvrir tous les domaines. »

« Bien évidemment, en tant que Président d’OPEN je suis plus particulièrement sensible aux sujets concernant les entreprises et, plus généralement, le secteur privé. Mais, en tant Président de l’association FACE, qui lutte contre les inégalités, je suis aussi sensible à l’inclusion numérique. Nous avons veillé, au travers de ce plan stratégique, à n’oublier personne afin que cette transformation digitale ne constitue pas un facteur d’exclusion. »

« Il est absolument vital, pour la Polynésie, de parvenir à embarquer tout le monde dans la transition digitale, en premier lieu les entreprises mais aussi les particuliers. »

« On le sait, les Polynésiens sont très férus de nouvelles technologies et capables de s’adapter. Mais pour toucher tous les Polynésiens, y compris dans les couches sociales les plus défavorisées et dans les îles les plus éloignées, il nous faut relever le double défi de l’inclusion et de la géographie. »

Par rapport à l’étude des usages du numérique dans les entreprises publié par la DGEN, on peut voir que seulement 53 % des entreprises sont informatisées malgré le taux d’équipement des ménages en hausse. Comment pouvez-vous expliquer cela ?

« La première explication est liée au tissu économique et à la cartographie des entreprises de Polynésie. On voit, au niveau de la CPME et du MEDEF, que la taille moyenne des entreprises est extrêmement faible. La Polynésie française compte beaucoup de TPE et d’entreprises de moins de 10 salariés, dont le niveau d’équipement et d’informatisation reste aujourd’hui limité. C’est pour ça que toutes les actions qui contribuent et contribueront à informatiser et à digitaliser les entreprises seront les bienvenues. »

« Le passeport digital est un levier, un outil extrêmement important pour gommer les inégalités au niveau des entreprises. Mais il est aussi important que les grandes entreprises, qui ont plus de moyens et qui sont mieux structurées, qui disposent de directions informatiques, constituent des locomotives qui entraînent tout le monde de l’entreprise. »

« D’ailleurs, avant même la mise à jour de l’enquête de la DGEN, OPEN et le MEDEF ont également réalisé une consultation pour mesurer la maturité digitale. Elle a révélé qu’au delà de l’équipement aujourd’hui, les entreprises, dans leur grande majorité, ont bien pris conscience de la révolution digitale. Mais elles n’ont pas toute la maîtrise et le discernement  pour amorcer ce virage au sein de leur propre structure. Nous avons donc franchi une étape importante, mais un accompagnement est encore nécessaire pour transformer cette prise de conscience en changement. »

« La prise de conscience est un préalable, c’est un premier pas mais, au-delà, il faut agir. Une partie des entreprises restent spectatrice. C’est pour cela qu’il faut construire et animer un écosystème, mettre en place des mesures d’accompagnement afin d’entrainer toutes les entreprises, y compris les plus petites, dans le monde du digital. »

« Cela passe, bien sûr, par un accès facilité à l’équipement et, en ce sens, les mesures d’aides à l’équipement déjà mises en place par le Pays sont positives. Mais il faudra probablement aller plus loin et être encore plus innovants pour déclencher le passage à l’acte des entreprises. »

Pensez-vous que le déploiement de la fibre incitera les entreprises à miser sur le numérique ?

« C’est un élément contributif. Il faudra être plus efficient dans le déploiement de la fibre parce qu’aujourd’hui le déploiement est nettement insuffisant. Des mesures ont été annoncées par l’OPT lors de la journée d’ouverture de Smart Polynesia, donc nous attendons avec impatience la mise en œuvre opérationnelle de ces mesures. La fibre sera un élément de dynamisation et d’amplification du trafic, dans les deux sens : upload et download. »

Quels sont selon vous les freins à cette transition digitale, notamment ceux lié au faible taux d’équipement des entreprises ?

« Je ne sais pas si on peut appeler cela des freins mais les entreprises ont aujourd’hui le devoir de se remettre en question et j’ai, à plusieurs reprises, évoqué de façon provocatrice la problématique du vieillissement des chefs d’entreprises. »

« Pour moi, le point de départ c’est que les entreprises doivent revisiter leur relation client. Elles doivent avoir pleinement conscience de l’évolution de leurs clients, des modes de consommation. Elles doivent s’adapter, dans un monde qui bouge et évolue rapidement. Il faut qu’elles parviennent à redéfinir leur stratégie et se décider à investir, à se moderniser. »

« On a traversé une longue période d’immobilisme, de crise économique mais aujourd’hui la situation va mieux, avec une croissance économique retrouvée. »

« Il est important que les entreprises investissent notamment dans le digital. Le digital est un moyen, pas une fin en soi. Il permet de mieux communiquer avec ses fournisseurs, de mieux échanger avec le client, d’améliorer ses processus de production, au travers de sites Internet, d’applications mobiles ou d’autres outils. Avec le digital, les entreprises peuvent devenir plus performantes aussi bien dans leur organisation interne que dans leurs relations clients. »

« Pour cela, il faut que chaque entreprise agisse en fonction de ses moyens, de sa taille et des besoins spécifiques à son activité. Il est évident qu’une banque a beaucoup plus de moyens et d’enjeux qu’une TPE. Mais l’important est d’abord de définir ses objectifs car le digital répond souvent à une partie des enjeux stratégiques de l’entreprise. »

En quoi Smart Polynesia a pu faire bouger les lignes sur la vision du développement du numérique en Polynésie ?

« Smart Polynesia, c’est une étape supplémentaire dans la démarche de structuration et de sensibilisation au numérique de tous les acteurs. Cela fait suite au plan stratégique de 2011 qui avait été initié à l’époque par l’actuel vice-président, à la démarche de l’observatoire du numérique, ODEN, en 2014 et à tous les travaux qui ont été réalisé entretemps. Avec Smart Polynesia, nous avons franchi un pallier supplémentaire en organisant la concertation publique/privé. Au-delà du plan stratégique, qui fixe les objectifs à atteindre, Smart Polynesia est une véritable feuille de route, avec une identification des actions concrètes à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs et la volonté de responsabiliser tous les acteurs dans cette mise en œuvre opérationnelle. »

« Smart Polynesia une démarche ambitieuse mais aussi réaliste et volontaire, c’est ce qui est fondamental. »

 Comment envisagez-vous la mise en œuvre concrète du plan d’action Smart Polynesia ?

« On travaille actuellement sur la déclinaison de chacune des actions du plan. Lors des conseils d’administration d’OPEN, le premier point à l’ordre du jour est la mise en œuvre du plan Smart Polynesia et la contribution d’OPEN et des membres d’OPEN à la mise en œuvre de ce plan. C’est un fil directeur. »

« Et je suis ravi que la Task Force soit pérenne avec une volonté qu’elle ne soit pas perturbée par les aléas politiques. Il est aussi réjouissant de constater que d’autres contributeurs nous rejoignent et, ainsi, renforcent les compétences et la capacité d’intervention et de réalisation de cette équipe. Nous ne sommes qu’au début de l’aventure. »

La Task Force Smart Polynesia consiste en un groupe de travail intégrant les acteurs et contributeurs publics et privés du plan Smart Polynesia. Plusieurs réunions de coordination et de suivi du plan seront réalisées chaque année. Une personne sera, par ailleurs, dédiée au suivi et à la coordination de la mise en œuvre du plan Smart Polynesia.

  • Le Ministère du Numérique
  • La Direction Générale de l’Économie Numérique
  • Le Service Informatique de Polynésie Française
  • La Chambre de Commerce, d’Industrie, des Services et des Métiers
  • Le MEDEF de Polynésie
  • L’Organisation des Professionnels de l’Économie Numérique
  • La Confédération des petites et moyennes entreprises de Polynésie Française
2018-04-21T11:45:59+00:0021 avril 2018|

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