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Action 56 – Banque de données de l’économie bleue

Mettre en place une banque de données de l’océan, des lagons et du littoral tropical permettant d’identifier les problématiques environnementales et écologiques, de protéger les ressources marines polynésiennes, les écosystèmes et les espèces marins, de mesurer l’impact du changement climatique et de développer une économie durable de l’exploitation des océans.

Description détaillée de la mesure

La Polynésie française a la plus grande surface maritime (4,5 millions km²) et de lagon (14.300 km²) du Pacifique. Le littoral de nos îles mesure près de 9.300 km pour une surface total des terres émergées de près de 3.400 km².  Les espaces marins sont au cœur du développement économique (pêche, tourisme, perliculture, aquaculture) et énergétique (développement de sources d’énergies renouvelables) et climatiques importants (montée des eaux, érosion du littoral).

L’océan

L’océan autour de nos îles est encore mal connu. Un programme d’exploration à la fin des années 1990 (programme Zepolyf, piloté par l’UPF) a cartographié certaines zones : une chaîne de hauts-fonds au sud-ouest de Tahiti, les hauts-fonds majeurs des îles Australes et des îles Sous-le-Vent de l’archipel de la Société.

D’immenses structures restent à explorer : le plateau des Tuamotu (1000 km par 500 km), les îles Marquises, l’archipel des Australes qui a dévoilé quelques formations étonnantes et l’archipel de la Société dont seuls les abords des îles ont été cartographiés.

Quelques prospections sur des hauts-fonds au sud de Tahiti (programme Zepolyf) et au large de l’atoll de Niau (Ifremer) ont remonté des encroûtements riches en cobalts et autres métaux de valeurs. D’autres prospections sur les plaines abyssales ont remonté des boues riches en terres rares et découverts des champs de nodules polymétalliques.

Ces prospections sporadiques laissent supposer la présence de vastes ressources minérales.

L’océan est aussi un milieu dynamique, intéressant à cartographier. La température, la salinité, les courants sont des facteurs importants pour les ressources halieutiques. L’océan tropicale peut aussi être une source d’énergie renouvelable pour la Polynésie française. La dynamique de l’océan est aussi utile pour les secours en mer, les risques naturels et l’impact du réchauffement climatique.

Les lagons

Les lagons sont très proches des zones habitées, très impactés par l’activité anthropique, mais peu cartographiés : il n’existe pas de carte précise des fonds des lagons (il n’y a que les cartes de navigation).

La cartographie de la nature du fond (zonage des pentes, zonage du corail, sable, herbier, etc) serait importante pour aider les projets d’aménagements et de protection de l’environnement. La cartographie des courants et des températures est aussi importante pour comprendre la dynamique des lagons.

Les lagons représentent un milieu essentiel pour l’économie de la Polynésie française (perliculture, pêche, tourisme, etc.).

Quelques instituts scientifiques s’intéressent à mieux connaître ce milieu : l’Université de Polynésie Française (UPF), l’Institut pour l’exploitation de la mer (Ifremer), l’Institut pour la Recherche et le Développement (IRD), le Criobe (CNRS et Université de Perpignan) et la station Gump de l’université de Californie.

Le littoral

La connaissance du milieu marin ne se résume pas à la cartographie des fonds des lagons et des océans. Le littoral est aussi un sujet d’intérêt majeur.

La pression anthropique et les événements climatiques influent de manière importante sur la côte.

Régulièrement des questions se posent : Quel est l’impact des remblais en bord de mer sur l’écosystème ? Quelle conséquence aura la montée des eaux sur nos îles et sa population ? Comment évolue les côtes sur les îles basses ? Quelles sont les incidences de l’érosion sur le littoral ?

Les enjeux de la modernité

Les technologies du numérique (SIG, big data, intelligence artificielle, etc.) peuvent aider à mieux comprendre notre environnement, ses fragilités et ses forces.

Ces technologies peuvent permettre de développer la Polynésie en harmonie avec son environnement et en phase avec son histoire océanienne.

La Polynésie peut être le berceau d’un développement centré autour de l’océan en favorisant les projets innovants d’exploration des océans, les techniques nouvelles pour extraire l’énergie des océans, pour chercher à réduire la fatalité de l’écartèlement des îles.

La place unique de la Polynésie française, au milieu du plus vaste océan de la planète, légitime de monter un centre de compétences et de données sur le milieu marins.

Des projets ambitieux sur les thèmes importants pour le Pays doivent être lancés avec des organismes de recherches nationaux et étrangers. Des partenariats avec des grands groupes privés pourront être lancés pour attirer les investisseurs. L’incubation de startups sur des projets techniques et technologiques sera favorisé par un écosystème favorable et un axe politique marqué.

Enjeux

  • Créer une base de données multidisciplinaire
  • Identifier les problématiques environnementales et écologiques.
  • Protéger les ressources marines polynésiennes, les écosystèmes et les espèces marins
  • Mesurer l’impact du changement climatique
  • Développer une économie durable de l’exploitation des océans
  • Créer un Centre international de l’océan, des lagons et du littoral tropical
  • Permettre la mise en place de plans d’actions ciblés découlant de l’identification et de l’évaluation des problématiques.

Acteurs concernés

  • Offre : DIREN, Ministère du développement des ressources primaires, Ministère de l’Environnement, IRD, IFREMER, UPF, Criobe, Station Gump, ESRI Inc, etc. 

Modalités de suivi

  • Le suivi de cette mesure relèvera de la Polynésie française.

Points d’attention et risques

Deux points d’attention sont à souligner :

  • Un point d’attention géographique : La Polynésie française, et en particulier la ZEE, s’étendent sur une très grande étendue maritime.
  • Un point d’attention politique : De nombreux acteurs sont impliqués dans cette mesure et possèdent des intérêts très différents. Un pilotage politique est essentiel.
2017-12-03T11:24:41-10:0018 novembre 2017|